«Non au braquage des rentes» le 7 mars
La baisse du taux de conversion dans la prévoyance professionnelle est complètement inutile et aboutirait à un nouveau pillage des rentes, selon la gauche.Il faut absolument empêcher ce démantèlement lors des votations du 7 mars, répètent les Verts, le PS et le Parti chrétien-social.
Les assurances, de concert avec les partis de droite, ont fomenté une nouvelle baisse des rentes qui les ferait diminuer au total de plus de 10%, ont dénoncé jeudi à Berne les représentants des trois partis.
Pas une broutille
Une grande partie de la population n’a pas de 3e pilier et son 2e pilier est sérieusement attaqué, a rappelé le président des Verts Ueli Leuenberger. «Ce ne sont pas deux ou trois tasses de café que les rentiers ne pourront plus s’offrir: pour de nombreuses personnes, les réductions correspondent à un ou deux loyers».
Les partisans de droite de la révision la justifient par l’augmentation de l’espérance de vie: cette argumentation ne tient pas, selon la conseillère nationale chrétienne-sociale Marie-Thérèse Weber-Gobet (FR), car chacun y va des pronostics qui le servent le mieux.
Les assureurs tiennent ainsi compte d’une espérance de vie de 24 ans après le 65e anniversaire, l’Office fédéral de la statistique compte 19 ans et la caisse de pensions de la ville de Zurich 20,6 ans. Selon cette dernière, l’espérance de vie moyenne des hommes pourrait augmenter de 1,72 an et celle des femmes de 0,12 an pour 2015: une action urgente n’est donc certainement pas opportune.
Les femmes à la caisse
Beaucoup trop de poids est donné à l’argument de l’espérance de vie, qui s’allonge finalement moins vite que prévu, et dont on a déjà tenu compte lors de la première baisse du taux de conversion, conclut la Fribourgeoise. Celle-ci rappelle qu’une diminution des rentes toucherait particulièrement les femmes, qui ont déjà assez payé avec leur âge de la retraite augmenté à 64 ans.
Pour le président du PS Christian Levrat, «ce sont les assurances qui sont le moteur de l’abaissement répété des rentes. Les profits importants de ces dernières années ont enrichi les actionnaires ou nourri les bonus des managers». Certes, la crise financière a fait baisser les rendements, mais à long terme, on peut obtenir des rendements suffisants avec des placements fiables.
Et ce seront les actionnaires et les patrons des grands groupes d’assurances qui toucheront les bénéfices une fois que les taux d’intérêt et les cours de la Bourse remonteront, dénonce le président du PS.
La votation du 7 mars concerne tout le monde, souligne-t-il: non seulement les salariés les plus jeunes, qui continuent à cotiser des sommes importantes mais toucheront nettement moins que leurs aînés, l’âge venu, mais aussi les retraités actuels. En cas de baisse du taux de conversion pour les retraités de demain, le risque est grand que, dans une 2e étape, ce soient les rentiers d’aujourd’hui qui paient la note.
(ats)