Début décembre le Conseil fédéral a, sur proposition de son ministre de la santé Didier Burkhalter, annoncé une forte augmentation de la charge financière des patients. Ces derniers devront débourser de leur poche, dès le 1er janvier, un montant annuel de 155 millions de francs, pour des prestations prises en charge à ce jour par l’assurance-maladie obligatoire.
La première augmentation concerne la contribution en cas de séjour hospitalier dont le montant s’élèvera désormais à 15 francs par jour d’hospitalisation et s’appliquera à tous les adultes, et pas seulement aux personnes célibataires qui payaient jusqu’à maintenant 10 francs. Les enfants et les jeunes adultes jusqu’à 25 ans encore en formation en restent exemptés. Cette modification doit alléger de près de 115 millions de francs la charge de l’assurance de base. Mais elle aura pour effet qu’un séjour hospitalier d’une semaine coûtera 105 francs de plus à tout patient adulte.
Dès le 1er janvier également, l’assurance-maladie obligatoire ne remboursera plus, un montant de 180 francs pour le remplacement de lunettes ou de verres de contact – tous les cinq ans pour les adultes et chaque année pour les enfants et adolescents (sur prescription médicale). Ce sont 10 autres millions de francs par an que le Conseil fédéral met à charge des assurés. Outre les lunettes, la participation à d’autres produits médicaux sera réduite. Economie: 30 millions de francs par an.
Je fustige cette manière de faire. Le Conseil fédéral pénalise les familles et les malades chroniques qui doivent régulièrement être hospitalisées. Leur situation économique s’en trouvera dès lors péjorée. Cela m’interpelle comme politicienne et présidente de l’Association fribourgeoise du diabète. J’ai déposé une intervention parlementaire lors de la dernière session du Conseil national pour revenir sur ces décisions que le Conseil fédéral veut introduire par la porte de derrière.